La « vélorue », la rue qui n’exclut pas

Elle a été inventée aux Pays-Bas, où elle existe depuis longtemps. Là-bas, il y en a partout dans les villes et on dit « fietssrtraat », ce dont « vélorue » est la traduction littérale. C’est la rue sans exclusion, ni des cyclistes par les voitures, ni des voitures par les cyclistes.

En apportant une modification du code de la route par l’Article 3 du décret n° 2015-808 du 2 juillet 2015, le Plan d’Actions pour les Mobilités Actives (PAMA) a ouvert la porte à son introduction en France.

Qu’est-ce qu’une « vélorue » ?

C’est une rue où les vélos ont le droit de rouler au milieu de la chaussée, les automobiles ayant interdiction de les dépasser.

La « vélorue » semble promise à un fort développement, au minimum dans le cas des rues étroites et à sens unique. En ville, ces rues sont généralement limitées à 30 km/h et leur largeur ne permet pas aux voitures de doubler les vélos en respectant la distance latérale de sécurité d’un mètre. Dans ce contexte, la vélorue ne fait qu’encadrer la réalité, en plus de détourner les vélos des trottoirs où ils sont dangereux pour les piétons.

Comment une « vélorue » est-elle signalée ?

Les hollandais ont un panneau montrant un cycliste au milieu de la route, suivi d’une voiture qui n’a pas le droit de le dépasser. Le futur panneau français pourrait fortement lui ressembler, si l’on en croit la signalétique expérimentale utilisée à Strasbourg.

L’expérimentation strasbourgeoise complète la signalisation de la « rue cyclable » (comme disent les belges) par un marquage en milieu de chaussée d’un logo cycliste plus un double chevron. Définie par le décret de 2015, cette nouvelle signalétique ne signifie pas à elle seule que la rue est une « vélorue » car elle n’interdit pas aux voitures de doubler les vélos quand elles le peuvent. Elle dit seulement que les cyclistes ont légitimement leur place en dehors du bord de la chaussée. Elle est présente rue Nicolas Chorier à Grenoble.

Le lancement de l’expérimentation Strasbourgeoise

La première vélorue de France a été ouverte à l’expérimentation à Strasbourg en 2017. Le but, selon la presse locale (DNA du 13 mai 2017) a été d’ « inciter les cyclistes roulant à bonne allure à emprunter la chaussée plutôt qu’une piste cyclable jouxtant des trottoirs sans aucune séparation physique, ce qui pose régulièrement des problèmes avec les piétons. »

La suite de l’expérimentation Strasbourgeoise

Sans surprise, cette première expérimentation a dû être concluante puisque la municipalité Strasbourgeoise a décidé de l’étendre à d’autres rues, au nombre de quatre à ce jour.

Pourquoi ? Sur STRASTV le 28 octobre 2018, l’adjoint aux mobilités actives a déclaré :

« … avec l’augmentation de la part des cyclistes et des piétons il y a des conflits d’usages, notamment aux heures de pointe, donc la philosophie de la vélorue c’est de remettre une partie des cyclistes sur la chaussée, qui peuvent aller plus vite sur la chaussée … »

Puis, « … on dit aux cyclistes les plus rapides, ceux qui sont plus à l’aise et qui veulent aller vite que si ils veulent faire ça aux heures de pointe ils peuvent aller sur la chaussée mais pas là où il y a des piétons … »

Strasbourg continue d’ignorer les dogmatismes et de montrer l’exemple. Avec raison puisque le pragmatisme a fait d’elle la ville la plus « bicycle friendly » de France, n°4 juste après Amsterdam au classement mondial de Copenhagenize.

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