Ça marche rue du Général Mangin. Mais peut mieux faire ?

Les caractéristiques de la rue sont idéales pour accueillir une autoroute à vélos. Elle longe la voie ferrée sans croisements sur 2 km, pas de lycée de 1900 élèves, pas de piétons et de commerces partout, pas la présence du plus gros marché de Grenoble, pas de rails du tramway sur les deux tiers de la rue, pas de gare où déposer passagers et valises. Félicitons donc la Métro pour ce choix, du point de vue technique au moins, puisque pour une fois il satisfait aux critères de conception des aménagements cyclables (cf le Guide de la voirie du Grand Lyon p.46).

LIRE AUSSI : La piste bidirectionnelle isolée : où est-elle à sa place ?

Le projet de la Métro

La présentation de la Métro (p.18) montre que la piste serait du côté de la voie ferrée et qu’elle annexerait le trottoir. Ces deux décisions sont censées car il n’y a ni habitations ni entreprises du côté de la voie ferrée et qu’aucun piéton n’utilise ce trottoir très mal entretenu, celui de l’autre côté de la rue étant suffisant et mieux adapté.

Quel est le besoin ?

Les cyclistes dont c’est le trajet journalier disent que le trafic des vélos n’est pas vraiment important et qu’il ne manque donc pas de place sur les bandes cyclables actuelles. Le problème sur la rue est celui des voitures en fort excès de vitesse, du fait de la ligne droite. Il y a aussi, à côté du site de Siemens, quelques places de stationnement qu’il faudrait déplacer car elles causent un rétrécissement de la chaussée et une déviation de la trajectoire des véhicules.

Le vrai besoin serait donc non pas l’élargissement, mais de corriger ce point noir et de ralentir les chauffards, par exemple avec un radar.

La rue se termine en impasse

La délibération de la Métro à l’origine des autoroutes à vélos dit qu’elles trouvent leur justification dans le lien entre les territoires du cœur de l’agglomération et de la périphérie.

Or, la rue du Général Mangin se termine en impasse car la rocade lui bloque le passage à son extrémité sud, là où finit Grenoble et commence Echirolles. La présentation de la Métro se termine comme la rue : en cul de sac, sans dire comment est prévu le difficile franchissement de la rocade ni comment cela continuerait au sud de celle-ci. La question essentielle du lien entre territoires est donc laissée sans réponse.

La rue du Général Mangin et le pont de traversée de la rocade sont reliées par la rue Raymond Pitet.

Peut mieux faire ?

Au vu de la modeste importance du trafic des vélos et du fait que le projet présenté le 15 juin 2018 bute sur la rocade, on peut se demander si la réalisation d’une autoroute à vélos est réellement ce qu’il y a de mieux à faire.

Ne serait-il pas possible, à moindre coût, de sécuriser les bandes cyclables existantes en améliorant les marquages, en ralentissant les voitures, en supprimant les points noirs ? Cela ne permettrait-il pas de dégager des moyens pour améliorer aussi l’existant sur d’autres axes très empruntés par à la fois les cyclistes et les piétons, par exemple les Grands Boulevards ?

La question se pose, nous la posons.

🚴ki🚶 collectif Le Vélo Qui Marche – 🚴ki👍

Partager cet article sur vos réseaux

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut